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L'histoire
Entre 2300 et 2000 des événements importants se déroulent au delà du Taurus:
les Hittites, d'origine indo-européenne venus sans doute des steppes de l'actuelle Russie méridionale, pénètrent en Anatolie et vont créer un état fort et ambitieux,
les Mittaniens, eux aussi d'origine indo-européenne, entrent en contact et fusionnent pacifiquement avec une population Hurrite sédentaire sans doute au Kurdistan actuel.
Ces évènements auront après la chute d'Ur, l'expansion ammorite, les victoires d'Hammurabi de Babylone, une importance capitale dont la prise de Babylone par les Hittites en 1595, la souveraineté Cassite, la fondation d'un grand royaume Hittite en Haute-Mésopotamie allant de la Méditerranée au Zagros. L'Egypte se découvre des visées expansionnistes vers le continent asiatique.
A partir de 1600 les rivalités politiques et les désirs d'expansion de ces nouvelles puissances sont tels que l'on ne peut plus considérer la Mésopotamie comme une entité isolée mais comme une puissance soumise aux contraintes de la politique internationale de l'époque.
Les Cassites ou Kassites (Kaššû en akkadien), peuple semi-nomade, vraisemblablement issu du Zagros, appelé à jouer un rôle important en Mésopotamie au IIème millénaire. Dès le début du XVIIIème siècle, la 9 ème année du règne de Samsi-iluna (1740) -dénommée "année des envahisseurs cassites"- les archives signalent des troubles sur les frontières du Nord-Est et de l'Est, à Uruk et à Isin. Des groupes ont du s'étendre dans la vallée du Moyen Euphrate et du fleuve Kabhour; leur capitale fût proche de Terqa (royaume du Hana?). Parallèlement les Cassites participent à la vie mésopotamienne comme ouvriers saisonniers ou mercenaires dans l'armée babylonienne.
Cette dynastie s'étend sur une période de 576 ans, elle comprend d'après la liste royale babylonienne 36 rois, le premier connu se nommerait Gandas, peut être contemporain de Samsi-iluna de Babylone (1749-1712) ensuite Karigalzu, début du XVIème siècle, construit sa capitale Dur-Karigalzu (actuelle Aqar-Quf) au Nord-Ouest de Babylone. Burna-Burias 1er est attesté comme roi de Babylone qui prend le nom de Karduniaš. L'apogée de la dynastie cassite se situe aux XIV ème et XIII ème siècle. La puissance du royaume et son rayonnement international seront tels que les rois traiteront avec les pharaons d'Egypte (Aménophis III et IV) d'après les tablettes retrouvées à Tell Amarna, avec les monarques assyriens et élamites. Des liens sont tissés par des alliances matrimoniales, des échanges de présents sous forme de commerce de luxe: or ouvragé, ivoire sculpté, mobilier, chars de combat et leurs équipages. Pourtant Burna-Burias II (1359-1333) se heurtera à la puissante Assyrie renaissante; en 1232, Kastillaš IV battu, la dynastie devient sujette. Mais c'est l'Elam entre 1158 et 1155 qui aura raison de l'empire cassite en prenant Babylone et s'emparant de la statue du dieu Marduk arrachée à l'Ésagil. Toutefois la population cassite assimilée aux babyloniens demeure.
Les Cassites furent les continuateurs de la culture babylonienne ancienne:
en relevant les villes en ruines, à Nippur, à Uruk où fût reconstruit le temple d'Ištar, à Larsa le monument de l'Ébabbar entre autres,
en préservant le Panthéon sumérien,
en adoptant langue, écriture, grammaire et vocabulaire . Les lettres diplomatiques retrouvées sont peu nombreuses sur les sites cassites et ce sont les écrits retrouvés lors de fouilles dans les états voisins qui permettent de reconstituer l'histoire (tablettes de Tell Amarna entre autres),
en développant les pratiques économiques du babylonien ancien: délégation du pouvoir, récompenses des meilleurs serviteurs royaux avec attribution de terres ou de domaines attestées par l'édification de monuments les "Kudurru" littéralement "pierre de bornage".
L'activité culturelle se développe sur deux niveaux:
religieux: développement de la décoration intérieure et extérieure des édifices en incluant des niches où se dresse la représentation des divinités alors qu'à l'époque sumérienne celles-ci n'étaient pas accessibles au public. Le panthéon mésopotamien est respecté mais subit un syncrétisme propre aux Cassites: Marduk absorbe Enlil, d'autres divinités sont sublimées en une entité unique à l'exemple de Ninurta: " Tes yeux .....sont Enlil et Ninlil, Anu et Antu sont tes deux lèvres, ta tête est Addad, ton sourcil est Šala....."
l'art littéraire est intense, sauvegardant ou réécrivant les hymnes, les lamentations, les mythes et les épopées sumériennes: Epopée de Gilgameš, Epopée de la création en cunéiforme sumérien renforçant la puissance des scribes, qui deviennent une caste influente même à l'extérieur du monde Cassite.
Les Hittites se situent en Anatolie Centrale. La première phase de l'unification a lieu à l'époque des comptoirs assyriens en Cappadoce lorsqu'un chef de tribu Pithana, roi de Kuššara, s'empare de Kaniš (Neša en hittite), son fils Anitta poursuit ses conquêtes et s'empare de la cité d'Hattuša (la ville de Bogazköy actuelle). Le premier roi attesté est Labarna, contemporain d'Hammurabi de Babylone et d'Išme-Dagan d'Assur. Hattuša devint la capitale de l'empire sous le règne d'Hattušili ("l'homme d'Hattuša"), il entreprend une politique d'ingérence en Haute-Mésopotamie et en Syrie; son petit fils Mursili poursuit cette politique, s'empare de Babylone affaiblie et la met à sac en1535, abandonnant sa conquête aux Cassites, conquiert Alep en Syrie. A l'effondrement du Mitanni, les Hittites et les Assyriens deviennent rivaux aux XIVème et XIIIème siècle, l'empire hittite limitant l'expansion de l'Assyrie vers l'Ouest.
La langue hittite ("nešili" pour la langue de Neša) est une langue indo-européenne mais l'akkadien -sous la forme médio-babylonienne- restera la langue internationale, la langue diplomatique des tablettes de Tell Amarna. Le roi, puissant souverain, Hattusili III signa un traité avec Ramsés II rédigé en akkadien et en hiéroglyphes, en 1280, après la bataille de Qadesh .
Le Mittani, origine de ce royaume sans doute au XVI ème siècle créé par l'unification des royaumes Hurrites au Nord de la Mésopotamie en un vaste ensemble appelé Mittani qui va s'opposer au Hittites en Syrie. Nous ne savons rien de la constitution de cette entité seule l'analyse des noms propres permet de déterminer la composition de la population: mélange de tribus hurrites et d'Indo-Aryens. Le Mittani (appelé aussi "Pays hurrite", "Subartu", "Hanigalbat" lorsqu'il s'agit du cœur du royaume après que Šuppiluliuma 1er -roi hittite- l'eut dépouillé de ses vassaux, "Naharena" par les Egyptiens) est convoité par les Hittites et les Assyriens. La capitale Waššukkanni n'a pas été découverte à ce jour, elle était située en Haute-Mésopotamie dans le bassin du Kabhour sans doute détruite par les Assyriens lors de sa conquête. L'histoire du royaume mittanien est seulement connue par des sources retrouvées à Alalah, à Terqa, à Emar à l'Ouest, à Qattara, à Arrapha, à Nuzi à l'Est.
La langue officielle était le Hurrite. A l'apogée de l'empire, vers le XVème siècle, le roi Sauštatar (ou Saušatar) mis un terme à l'expansion assyrienne et s'empara d'Aššur, il l'a pilla emportant les portes d'argent de la cité. Le royaume de Mittani s'étendait du Zagros à la Méditerranée englobant la Syrie du nord, et du Taurus à l'Anti-Liban, le maintien de bonnes relations avec l'Egypte est renforcé par des alliances matrimoniales. Pourtant au XIVème siècle les assyriens reviennent en force et les rois mittaniens leurs payent tribut, à la fin du XIIIème siècle le Mittani disparaît de l'histoire.
© Anovi 2004